🇫🇷 Un tour de France des collectifs

Publié le

1/3/2021

par
Jean de Rauglaudre

Depuis novembre, nous sommes allés à la rencontre de plus de 200 collectifs en France, afin de mieux comprendre la tendance des indépendants à se regrouper dans ces nouvelles formes collaboratives. Plus de 20 % des indépendants travaillent aujourd’hui dans une forme de collectif, consciente ou non. C’est environ 200 000 talents qui se regroupent en France, plus de 8 millions dans le monde… et ça n’est que le début !

Nous avons été fascinés par leur force, leur singularité et leur volonté d’offrir un service innovant, plus réactif et compétitif et transparent. Nous sommes convaincus que ces collectifs ont les clés pour renverser les fondements de l’entreprise de service traditionnelle et, in fine, réinventer l’entreprise elle-même. Ils finiront même par former demain “l’entreprise sans le salariat”.

C’est dans cet esprit que nous avons lancé Collective.work pour supporter le modèle du collectif, en lui offrant l’opportunité de se développer et participer à construire le #FutureOfWork.

‍

Qu’est-ce qu’un collectif ?

Les collectifs sont un groupe d’indépendants qui travaillent ensemble dans le but d’être plus forts, plus réactifs et plus experts sur des projets plus ambitieux. Ces indépendants se regroupent afin de mettre en commun leurs compétences, leur réseau et leurs méthodes de travail. Ils collaborent ainsi dans une forme collaborative hybride entre l’agence traditionnelle et le freelancing “à l’unité” opéré via des plateformes.

Nous avons identifié 3 principes clés sur lesquels s’adossent les collectifs aujourd’hui :

‍

Transparence

Les collectifs sont transparents dans leur prix, leurs livrables, leurs méthodologies. Ils ambitionnent de collaborer avec leurs clients dans un environnement inclusif et collaboratif.

‍

Horizontalité

Chaque membre du collectif est impliqué dans la prise de décision et se positionne ainsi en qualité de leader et d’entrepreneur. Néanmoins, dans l’exécution du projet, le collectif désigne un chef de projet pour allier agilité, horizontalité et efficience.

‍

Simplicité

Les collectifs héritent du “mindset freelance” et s’évertuent à travailler dans un environnement productif et optimisé, à la manière d’entrepreneurs. Il en résulte un niveau de simplicité et d’agilité accru.

‍

Les collectifs sont une forme collaborative qui se développe en alternative au salariat pour fédérer l’expertise et le réseau d’indépendants sous une marque commune. Cette nouvelle forme permet à ses membres d’unir leurs forces pour adresser des problématiques client ambitieuses, avec une offre plus compétitive, plus experte et plus réactive.

‍

Ă€ quoi les ressemblent les collectifs ?

Décrire les collectifs est une entreprise périlleuse, car ils fleurissent aujourd’hui dans une réalité à géométrie variable. Ils varient notamment autour de huit dimensions :

‍

Horizontalité‍

La plupart des collectifs se forment sur une collaboration horizontale (chaque membre est au même niveau) permettant à chacun des membres d’être acteur du collectif. Un chef de projet est néanmoins désigné sur chaque projet pour en simplifier le pilotage. Happy-dev.fr a par exemple codifié le rôle du “capitaine de projet” qui gère l’interaction avec les clients dans le cadre d’un projet sans éluder l’horizontalité inhérente au collectif. Certains collectifs sont semi-horizontaux, avec une équipe de freelances qui complète une structure d’associé(e)s sur un modèle d’agence digitale, comme le cas de Shodo.io ou Pelo.studio.

‍

Complémentarité‍

Un grand nombre de collectifs se développent en associant des expertises complémentaires pour élargir le champ d’action du collectif. Growthroom.co en est une bonne illustration, combinant des expertises plurielles (copywriting, SEO, acquisition,…) pour proposer une offre de Growth intégrée et holistique. Certains collectifs agrègent une même compétence afin d’offrir à leurs clients une expertise substituable, focalisée, tout en conservant une variété de profils et de sensibilités et la flexibilité du collectif (e.g. Mozza.io dans le domaine du produit ou Notilus, le nouveau collectif de Data Scientists).

‍

Structure‍

Certains collectifs sont adossés à une forme juridique, qui peut être polymorphe (une association comme le collectif Lookoom.co, une coopérative comme certaines filiales de Happy-dev.fr, ou une forme d’entreprise comme Pelo.studio ou Alasta.io). D’autres collectifs se positionnent davantage comme une communauté, sans disposer d’une forme légale propre, comme Greaaat.com.

‍

Virtualisation‍

Certains collectifs travaillent physiquement ensemble. Par exemple, Digital-village.fr se développe sur un modèle hybride, conciliant les forces du collectif et celles du #coworking afin de maximiser les synergies. D’autres collectifs opèrent leur activité virtuellement, dans un esprit plus proche de celui du freelancing.

‍

Accès‍

Certains collectifs font le choix de rester en vase clos, en n’ouvrant pas le collectif à quiconque le souhaite pour maintenir une cohésion forte et une proximité entre les membres, s’appuyant ainsi sur un parti pris “sélectif”. Cocoweco.fr ne désire pas s’étendre au-delà de 10 membres afin de préserver un lien de promiscuité ! Néanmoins, ces collectifs restent toujours à l’écoute de nouvelles compétences en appui. D’autres collectifs ont développé un modèle de cooptation pour élargir leur champ de compétences et intégrer de nouveaux profils, tout en conservant une ligne de conduite consistante. C’est le cas de Happy-dev.fr qui accepte un nouveau membre dans ses collectifs dès lors qu’il a été référé par trois membres existants, pour que le collectif s’assure qu’il partage ses valeurs. Greaaat.fr a également initié ce format de cooptation.

‍

Exclusivité‍

La Nomad Factory a choisi de créer un environnement de travail inclusif pour que les membres puissent travailler exclusivement pour le collectif et renforcer le niveau de focalisation des indépendants qui le compose. Inversement, d’autres collectifs font le choix d’offrir à leurs membres la flexibilité d’avoir une activité freelance ou d’une autre nature, en marge de celle du collectif (e.g. Milit.fr afin de préserver l’indépendance et la flexibilité du collectif).

‍

Taille‍

Nous avons vu des collectifs combinant l’expertise de 2 membres (e.g. Fragile.studio) jusqu’à des collectifs dépassant 50 membres (e.g. Greaaat.com ou Digital-village.com). Une chose est certaine : la question n’est pas le nombre, mais l’opportunité de travailler ensemble et générer des synergies. Happy-dev.fr fédère + de 700 membres qui travaillent et prospèrent dans 10 collectifs, partageant les mêmes valeurs et le même manifeste.

Collective.work est déjà positionné sur l’ensemble des verticales, en réponse aux besoins exprimés par les clients ! Des nouveaux collectifs se forment avec nous chaque mois, et nous travaillons avec eux à construire la meilleure proposition de valeur et la meilleure offre de services.

Collective.work opère déjà plus de 100 collectifs pluridisciplinaires, avec des vitrines ouvertes au public.

‍

Pourquoi les collectifs apparaissent-ils ?

L’industrie des services aux entreprises fait l’expérience d’une double tendance : les entreprises se tournent de plus en plus vers le besoin d’externalisation, induit par une exigence croissante de résilience et flexibilité dans leur gestion (d’autant plus dans un contexte de COVID) et les talents sont de plus en plus attirés par le travail indépendant !

Cela s’est traduit par une accélération sans précédent du freelancing (environ 150 % sur les 10 dernières années), qui touche dorénavant à de multiples métiers et qui va poursuivre sa croissance (d’ici 2025, environ 50 % des Américains en âge de travailler percevront des revenus d’indépendant — source : Adecco).

La prochaine étape de ces freelances est de se regrouper en collectifs pour lier les avantages de l’agence (propension à délivrer des projets larges et intégrés, solidité et fiabilité, accès à des expertises plurielles), à la flexibilité du travail indépendant (autonomie, liberté dans le choix des clients, des projets, des coéquipiers).

Le mouvement est déjà enclenché, car des milliers de collectifs ont vu le jour au cours des dernières années, et ça n’est que le commencement d’une révolution substantielle.

‍

Amenuiser la solitude du travail indépendant et améliorer le mode de travail

‍Lookoom.co a démarré avec quelques freelances (3 managers réseaux sociaux et un directeur artistique) soucieux de travailler en équipe pour vaincre l’isolement et travailler dans un environnement plus épanouissant.

‍

Mutualiser les compétences

‍Klap.io : Mélissa et Vincent se sont regroupés pour associer leurs expertises et travailler de manière plus efficace et harmonieuse sur des problématiques de Design et Design Thinking, avec un angle innovant (design, coaching, formation)

‍

Gagner en résilience et en flexibilité

GrowthRoom.co a démarré son activité en mars 2020 sur un modèle agence, mais le COVID a esquissé rapidement le bénéfice de s’organiser sur le modèle de collectif qu’ils ont désormais édifié.

‍

Enrichir le positionnement et la perception client

‍LaFreeterie.com désireux de rafraîchir sa proposition de valeur sur le service “événementiel B2B” s’est développé sur un modèle de collectif agile, collaboratif, centré sur des expertises d’indépendants et entrepreneurs.

‍

Suivre des besoins clients

‍Dreammmbig.com : Aude travaillant pour IKEA en tant que freelance s’est aperçue que ses clients avaient besoin d’un accès à des compétences complémentaires, d’où l’idée du collectif Design qu’elle a pu déployer.

‍

Les collectifs se forment pour recréer, de manière consciente ou non, l’entreprise sans le salariat.
Alexandre Bourlier, Co-founder at Startin’blox

‍

Quelles sont les forces des collectifs ?

Nous avons échangé avec 80 entreprises pour comprendre et évaluer leur perception de la valeur du modèle collectif. Un consensus s’est établi autour de 6 points de force distincts :

‍

Compétitivité‍

Les collectifs sont une forme dépourvue de frais de structure (pas de mur, pas de fonction support) permettant une offre plus compétitive que les agences face auxquelles ils se positionnent. Par ailleurs, quand on travaille avec un collectif, on s’épargne les frais relatifs aux périodes d’intercontrat et aux ressources non staffées (contrairement au modèle d’agence).

‍

Expertise‍

Les collectifs combinent une variété de savoir-faire intelligemment combinés afin de proposer une prestation complète. Ces expertises, souvent pénuriques, ont été éprouvées par des indépendants pluridisciplinaires et entrepreneurs dans leur manière de travailler. En outre, les experts les plus pointus et talentueux rejoignent de plus en plus l’univers indépendant, afin de bénéficier de l’entièreté de leur savoir-faire, notamment sur les métiers tech. Si vous cherchez les meilleurs talents, dans une même collaboration, c’est dans les collectifs que vous vous y retrouverez.

‍

Efficience‍

Les collectifs s’appuient sur un modèle flexible et agile, permissif d’une meilleure qualité d’exécution. L’horizontalité qu’ils revendiquent garantie une vélocité dans la prise de décision et l’itération. Comme ils sont habitués à travailler ensemble, ces collectifs s’enrichissent de synergies (vs. une somme de freelances individuels, recrutés indépendamment sur une plateforme). Enfin, les membres des collectifs travaillent à la manière d’entrepreneurs, animés par le résultat et l’efficacité.

‍

Transparence

‍Les collectifs s’évertuent à travailler dans un état d’esprit d’entière transparence. À l’inverse, les agences, contraintes par leur besoin de faire travailler les consultants quoi qu’il en coûte pour absorber leur structure de coûts sont souvent amenées à faire un compromis sur la transparence de leur activité. Les collectifs, libres d’accepter ou non un projet, peuvent ainsi collaborer en toute transparence avec leurs clients.

‍

Épanouissement‍

Les collectifs sont par construction non hiérarchiques, inclusifs et collaboratifs. Par conséquent, leurs membres font transparaître auprès de leurs clients le caractère ressourçant et enthousiasmant de leur mode de travail, au profit de collaborations plus étroites et humaines.

‍

Identité‍

Les collectifs restent in fine singuliers et uniques dans leur modèle (en atteste la pluralité de leur expression aujourd’hui) ! Ces collectifs développent ainsi une marque et une identité forte qui les rendent uniques !

‍

En raison de ces forces identifiées, + de 90 % des entreprises interrogées se verraient travailler avec un collectif alternativement à une agence ou une somme de freelances pour délivrer leurs projets.

‍

Les challenges des collectifs

Néanmoins, les collectifs connaissent des enjeux structurants dans le développement de leur activité aujourd’hui.

‍

No scale‍

Les collectifs aujourd’hui ont du mal à pérenniser et croître en raison de la complexité administrative et opérationnelle inhérente au modèle (facturation, paie, gouvernance, gestion d’équipe) ; complexité que les agences ont éludée en internalisant des services support. En discutant avec plus de 50 collectifs, nous avons compris que ces collectifs font face à des multiples problématiques comme : être payé, émettre des factures et des devis de collectif, opérer un paiement multi-membre, définir des règles d’approbation et une gouvernance à la fois horizontale et opérante.

‍

Low shine‍

Les collectifs aujourd’hui ne bénéficient pas d’une expression homogène et uniforme. Il n’existe pas de standard permettant à ces collectifs de briller sous le même étendard (studio, agences virtuelles, communautés de talents,… sont autant de réalités adjacentes auxquelles ils peuvent renvoyer). Par conséquent, il est difficile pour ces collectifs d’évangéliser sur leurs atouts ! En miroir, les agences intègrent des équipes commerciales pour communiquer sur leur offre auprès de leurs clients et prospects, quand les collectifs ne prévalent que par leur expertise et leur proposition de valeur.

‍

Left alone‍

Les collectifs aujourd’hui sont laissés pour compte, alors que les freelances croulent sous un attirail de solutions, de plateformes et bénéficient d’une existence légale. Une attention insuffisante est portée à leurs problématiques quotidiennes, alors qu’elles existent bien !

C’est dans cet esprit que nous avons créé Collective.work, convaincus qu’ils sont une forme gagnante, à l’intersection de tendances bénéfiques pour leur développement. Également convaincus qu’ils gagneront à être accompagnés dans leurs problématiques quotidiennes, notamment légales, administratives et commerciales.

‍

Comment Collective entend supporter cette tendance ?

Nous avons lancé Collective pour soutenir les collectifs d’indépendants dans leur vision !

Nous souhaitons donner à chacun (indépendant ou salarié) l’opportunité de créer ou rejoindre un collectif d’indépendant. Corrélativement, nous souhaitons donner aux entreprises l’opportunité d’aller plus vite, plus loin, à meilleur coût en tirant profit des collectifs qui se forment chez nous.

Collective.work est une plateforme qui permet la rencontre de collectifs qualitatifs et réactifs, avec des entreprises en demande sur leurs compétences. Nous offrons aux collectifs l’infrastructure leur permettant de trouver d’ambitieux projets, d’impulser et accélérer leur activité en se focalisant uniquement sur l’exécution, en se délestant des problématiques légales et opérationnelles.

Par ailleurs, Collective.work offre aux entreprises l’opportunité d’identifier et s’associer aux collectifs qui répondent le mieux à leur besoin.

‍