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12 juillet 2022

7 min

Startup : pourquoi et comment collaborer avec des freelances ?

Nul besoin d’être une scale-up, licorne ou autre animal imaginaire pour faire appel à des freelances ! Il est même très pertinent de collaborer avec des indépendants en démarrage d’activité quand l’entreprise doit innover rapidement et tester un modèle sur différents marchés.

Preuve que la présence des indépendants est une force pour les startups tech, c’est dans ce type de structure qu’on les retrouve le plus comme le révèle une étude signée Cooptalis. Selon cette dernière, ils peuvent représenter plus de 30 % des effectifs dans 61 % des startups interrogées. 

Pour comprendre les raisons qui poussent les startups à avoir recours au freelancing (solo ou en collectif), nous avons interrogé plusieurs professionnels qui travaillent régulièrement avec des indépendants. En fin d’article, vous trouverez des conseils pratiques pour intégrer avec brio les freelances à votre startup.

Les freelances, une ressource indispensable aux startups

Les avantages à collaborer avec des freelances en startup

Les freelances peuvent accompagner les startups pour des raisons très pratiques, voire logistiques (remplacement d’un salarié, hausse de l’activité…), mais pas seulement. Ils peuvent également faire profiter de leur expérience à des équipes qui cherchent encore à se structurer. 

Pour mener des projets ponctuels

Comme n’importe quelle entreprise, une startup peut être amenée à mener des projets “one-shot”, qui ne nécessitent pas de recruter un CDI. Dans ce cas de figure, travailler avec un freelance, ou un collectif de freelances, est particulièrement adapté.

“Pour notre expansion internationale, nous avons maintenant l’habitude de rechercher des freelances qui connaissent bien le marché local et parlent la langue. Les missions vont de la rédaction de contenus, à la discussion avec des partenaires locaux, en passant par la participation à des salons”, rapporte Eugène Ernoult, CMO de Weglot.

Même son de cloche du côté de Michael Lescoutre, Head Of Design au sein de Synapse Medicine. Il nous explique travailler ponctuellement avec un motion designer freelance (tous les 2 mois environ pour des missions plus ou moins longues). “C’est beaucoup plus pertinent pour moi car il s’agit de projets ne nécessitant pas un poste à temps plein. Si j’ai besoin d’un style graphique différent, je peux aussi travailler avec un autre motion designer freelance.”

Dans certains secteurs, collaborer avec un freelance est quasiment un passage obligé. C’est notamment le cas des métiers créatifs et tech qui comptent dans leurs rangs de nombreux experts qui ont fait le choix du freelancing après plusieurs années de salariat. Leur riche expérience leur confère des atouts incomparables pour délivrer leur projet avec qualité.

Pour compléter les effectifs avant un recrutement à temps plein 

C’est l’une des caractéristiques principales des startups : tout va vite, très vite ! Au gré de la croissance et des aléas business, une startup doit être en mesure de réagir rapidement et parfois redistribuer les rôles au sein de l’équipe, ou embaucher en un temps record. 

Le problème, c’est que certaines compétences spécifiques ou très recherchées souffrent d’une pénurie de talents. Trouver la perle rare peut donc malheureusement prendre plusieurs mois, un délai qu’une jeune structure ne peut pas se permettre. Entre la phase de recrutement et l’arrivée de la recrue, il n’est pas rare de devoir attendre plus de 6 mois, soit une éternité à l’échelle d’une startup !

A l’inverse, faire appel à des freelances permet à une startup de compléter rapidement son équipe, voire de “tester” le poste avant de songer à un recrutement plus durable. En effet, il peut être difficile de connaître dès le départ les compétences qui lui seront vraiment utiles, surtout quand il s’agit d’une ouverture de poste. 

À condition que les termes de la mission soient bien définis en amont, travailler avec un freelance peut donc être utile pour identifier le bon profil qui rejoindra plus tard l’entreprise. “C’est intéressant pour nous de travailler avec un freelance avant de lancer des recherches de candidats pour un job à temps plein. Cela nous permet de "valider" les compétences qui nous seront vraiment utiles.” confirme Eugène Ernoult.

Enfin, certaines phases de projets se prêtent particulièrement à l’externalisation. Avec le modèle des collectifs de freelances, les startups peuvent être amenées à recruter une équipe entière - habituée à collaborer ensemble - pour développer par exemple leur MVP. Une manière de pouvoir tester rapidement le produit avant de recruter en interne une équipe de product manager.

Comme le souligne l’étude signée Cooptalis, le statut des freelances, par définition indépendant et autonome, ne constitue pas un frein pour des entreprises qui risquent de stopper des projets en raison d'un manque de ressources.

Pour faire grandir ses équipes

Intégrer des freelances est aussi une bonne idée pour “coacher” des équipes, souvent juniors en startup. À raison de quelques jours par semaine, ces experts peuvent organiser des formations et ateliers au sein même des bureaux. Le contact avec le freelance étant direct, il est possible de personnaliser l’accompagnement au plus près des besoins. Ces freelances expérimentés peuvent aussi conseiller les startups sur leur stratégie de recrutement pour les mois à venir.

Une jeune entreprise peut donc très simplement accéder aux retours d’expériences et conseils de freelances séniors ayant une connaissance poussée du terrain. Dans un précédent article, nous vous parlions notamment du phénomène des C-level convertis au freelancing. Une simplicité difficilement atteignable via les organismes de formations ou sociétés de consulting. De plus, ces profils séniors exigent des niveaux de salaires sur lesquels les startups peuvent difficilement s’aligner.

"Il est toujours intéressant de s’entourer d’experts qui peuvent apporter un regard neuf, surtout pour une startup en phase de lancement. Chez Maki, dès nos débuts, nous avons fait appel à des freelances plusieurs jours par mois pour accompagner nos équipes (notamment Go-to-Market). Au final, grâce à ces quelques heures d’échanges en mode “coaching”, nous avons gagné beaucoup de temps !", lance Maxime Legardez-Coquin, CEO & Cofondateur de Maki.

Un transfert de compétences qui s’opère aussi chez Synapse Medicine, avec la venue d’un freelance avec qui l’entreprise a l’habitude de travailler pour une formation en motion design cet été : “Cela va nous permettre d’être plus autonomes sur de petits projets d’animation, sans remettre en cause notre collaboration avec lui pour des projets plus conséquents”, confirme Michael Lescoutre.

Comment intégrer les freelances en startup ?

Même s’ils contribuent aux projets de l’entreprise, les freelances ne sont pas des travailleurs comme les autres. Ils privilégient leur autonomie et la diversité des missions par rapport à la sécurité d’un CDI et d’un management classique. 

Pour les startups, c’est souvent un vrai casse-tête : comment les intégrer tout en respectant leur volonté d’indépendance ? De plus, la plupart des startups ne possèdent pas un département RH structuré capable de mettre en place des process systématisés. 

Heureusement, même si vous n’êtes pas RH, de bonnes pratiques existent pour leur permettre de travailler dans les meilleures conditions.

Donnez du sens à la collaboration dès l’onboarding

Comme pour les salariés, les freelances rejoignent votre entreprise pour une mission précise. Leur onboarding n’a donc pas à être si différent ! 

Pensez à :

  1. Présenter au freelance l’équipe et les rôles de chacun
  2. Organiser un “kick off” pour rappeler le cadre et les objectifs de la mission
  3. Si la mission est longue, préciser le système de suivi qui sera mis en place et les conditions de travail (télétravail ou dans les bureaux, présence aux réunions, accès aux outils collaboratifs…)

Soyez inclusif et communiquez régulièrement

Ne partez pas de l’idée reçue qu’un freelance est forcément un loup solitaire. Le modèle des collectifs de freelances démontre d’ailleurs ce besoin d’appartenance au groupe de nombreux indépendants. D’après notre étude, l’envie de combattre la solitude était d’ailleurs la seconde raison qui poussait les freelances à rejoindre les collectifs.

Alors action, réaction ! Proposez aux freelances avec qui vous travaillez de participer à la vie de l’entreprise, que ce soit pour des réunions liées à la stratégie de l’entreprise ou des événements informels. 

En intégrant au maximum les indépendants, vous favorisez ainsi la création d’un sentiment d’appartenance, tout en profitant de leur expertise. 

Travaillez sur le long terme et soignez l’offboarding

Votre startup aura probablement encore besoin de faire appel à des freelances dans le futur. 

Restez en bons termes avec les freelances avec qui vous travaillez en leur demandant du feedback. Vous leur montrez ainsi que vous valorisez leur point de vue, même s’ils sont des prestataires externes. 

La bonne nouvelle, c’est que contrairement aux dernières années, trouver un indépendant n’est plus un sacerdoce grâce aux nouvelles plateformes et collectifs de freelances. Les membres d’une startup peuvent facilement accéder à des talents expérimentés sans avoir recours à un intermédiaire et ou un grand réseau professionnel. 

En pleine guerre des talents, les freelances représentent ainsi une force de travail agile et compétente, permettant d’innover rapidement ou de pallier des recrutements manquants. 

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